Actualité
  • Entretien avec Monique Delessard
  • Un an de mandat pour la nouvelle équipe municipale
  • Un peu plus d’un an après son élection, Monique Delessard, maire de Pontault Combault présente un premier bilan de son action municipale.
    Interview sans concession d’une élue engagée sur tous les fronts.

  • Madame le maire, quels enseignements tirez-vous de cette première année de mandat ?

    Cette première année est celle de la mise en place d’une nouvelle équipe municipale composée majoritairement de jeunes élus, où chacun doit prendre ses marques et apprendre. Elle est aussi celle d’une certaine réorganisation au sein des services avec le renouvellement de cadres. En un an, nous avons poursuivi les projets déjà engagés et avons posé les premiers jalons de la mise en œuvre de notre programme. Le bilan, c’est à la population de le tirer.

    Vous aviez une longue expérience en tant que première adjointe au maire, mais vous n’aviez jamais été maire. Comment avez-vous appréhendé ces nouvelles fonctions ?

    Je n’ai effectivement pas découvert le fonctionnement municipal. Aujourd’hui, responsable de la majorité, je veux faire valoir ce qui est bon pour la ville. Je ne suis pas de celles, ni de ceux, qui regardent passer les trains. Il est plus facile de porter des regards critiques, d’agiter des rumeurs que d’agir. La position uniquement critique ne me convient pas, je préfère être dans l’action.

    Votre motivation est-elle toujours intacte ?

    Je me suis engagée en politique pour porter des projets en adéquation avec mes valeurs. Ces valeurs sont toujours d’actualité. Par exemple, remettre l’humain au centre de notre société ne me paraît pas être une motivation galvaudée, elle est donc toujours intacte.

    Vous avez débuté ce mandat dans une conjoncture économique difficile, est-ce gênant pour la conduite de vos projets ?

    La crise est une préoccupation essentielle, mais nous sommes sans doute mieux préparés que d’autres villes. Depuis plus de vingt ans, la ville a pris à bras le corps les questions de développement économique et commercial. Nous sommes sur des cycles longs et les effets d’amortisseurs ont pour l’instant joué. Nos finances sont saines, notre gestion rigoureuse. Toutefois, il faut rester très vigilant. En effet, même si nous n’avons pas augmenté les impôts locaux pour la septième année consécutive, la ville subit la morosité du marché immobilier amputant notre budget de 600 000 euros.

    Une municipalité ne peut pas tout en matière économique…

    Ce n’est ni une ville, ni une communauté d’agglomération, ni le département, ni la région qui peuvent à eux seuls conduire des politiques économiques. Toutefois, les collectivités ont un rôle capital à jouer en favorisant l’implantation d’entreprises. C’est la raison pour laquelle je me suis battue pour le projet du centre commercial des « Quatre chênes » dont le permis de construire a été délivré le 31 décembre 2008. La réhabilitation du chemin de Pontault à Berchères (accès à Castorama) est aujourd’hui un projet très important. Il permettra de soutenir les entreprises et les commerces du parc d’activités de Pontillaut. Il faut également que nous confortions les éléments existants et que nous renforcions l’attractivité de la ville. Nous menons un travail important de centre ville avec le réaménagement du centre commercial des Prés Saint-Martin (ex Pontault 2000) et la réalisation d’un diagnostic du commerce en partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie.

    En matière d’urbanisme, beaucoup de choses ont déjà été réalisées. Que reste-t-il à faire ?

    Une ville est un organisme vivant et nous devons toujours accompagner sa croissance. Nous avons mis en route une révision du Plan local d’urbanisme. C’était un engagement fort de notre programme : ralentir l’urbanisation croissante de notre territoire et poursuivre la réalisation de programmes sociaux. Les premières réunions publiques ont été organisées aux mois d’avril et de mai. La réunion de synthèse a eu lieu le samedi 27 juin. Des préoccupations différentes se sont dégagées. Les habitants ont pu exprimer à la fois leur attachement à leurs quartiers pavillonnaires traditionnels et leurs besoins de renouvellement au sein de leurs quartiers. La concertation va se poursuivre. Je n’ignore pas que le réaménagement des abords de la RD 604, le développement des zones d’activité à l’est de la Francilienne et ma volonté d’inscrire la ville dans une approche environnementale engagent Pontault-Combault pour plusieurs années.

    Un thème très important a marqué votre première année de mandat, c’est l’école et l’éducation. Pourquoi cet engagement ?

    L’éducation est le cœur de mon engagement politique. Elle occupe une place centrale dans notre programme municipal. C’est une priorité de notre budget. Plus de 450 personnes travaillent à la ville dans les domaines de la petite enfance et de l’enfance. L’école est aujourd’hui menacée. On veut nous faire une école au rabais. Je me bats contre la suppression des postes de RASED et contre la mise en place du service minimum imposé par le gouvernement. C’est un débat exigeant. Il impose que nous tous, parents, élus, enseignants, DDEN (délégués départementaux de l’Éducation nationale) nous nous unissions pour résister à ces décisions néfastes pour l’avenir de nos enfants. Avec Brigitte Vergnaud , adjointe au maire chargée de l’enfance et de l’éducation, nous prenons en conscience les décisions les mieux adaptées. Nous avons décidé de doter la ville d’un projet éducatif local partagé avec nos partenaires associatifs et institutionnels. L’idée est de nous interroger sur les actions que nous menons. Nous irons ensuite devant la population pour partager ce projet.

    Quelles réalisations vont marquer les prochains mois ?

    D’évidence, deux grands projets se démarquent. Le pôle culturel est un dossier qui m’a beaucoup occupée ces derniers mois. Les travaux seront terminés à la fin de l’année. Il faut veiller à ce que l’ouverture se déroule correctement, que tous les éléments d’infrastructures périphériques, c’est-à-dire son accessibilité, sa communication se mettent en place. C’est un des plus importants projets que la ville ait connu, avec un investissement de plus de 11 millions d’euros. C’est une extraordinaire opportunité de repenser nos politiques culturelles et de les développer, comme nous avons pu le faire pendant des années pour le sport. Je souhaite que chaque habitant puisse s’approprier ce nouvel espace dédié à la culture pour tous.
    L’autre grand projet est la construction de l’école Aimé-Césaire. Ce nouvel établissement qui portera l’empreinte du développement durable est nécessaire à Pontault-Combault. Compte tenu de l’évolution de la démographie, de la construction de nouveaux logements, nous devons assurer la même qualité de service aux Pontellois-Combalusiens. Ce programme est l’occasion de renforcer nos 20 groupes scolaires et de créer des bâtiments adaptés au XXIe siècle, intégrant les normes de haute qualité environnementale.
    À côté de ces grands projets, nous nous sommes engagés dans le développement durable car nous devons préserver l’avenir de nos enfants. Objectif : mettre progressivement en place et de manière pérenne un programme d’actions concrètes visant à améliorer la qualité de vie des habitants et économiser les ressources naturelles. Afin de mettre en œuvre un agenda 21, nous allons élaborer un diagnostic de notre ville pour définir des moyens d’actions pertinents.

    Vous accordez beaucoup d’importance à la démocratie de proximité. Comment cette politique va-t-elle évoluer ?

    Au sein des conseils de quartier, je souhaite avec mon équipe mettre en place les outils d’une démocratie citoyenne de proximité qui nous permettra d’être encore plus proches des citoyens et de leurs réalités quotidiennes. Une campagne d’information et de mobilisation sera lancée en octobre. Je compte sur tous les citoyens pour donner du sens à cette instance de concertation à laquelle je tiens. Elle coïncidera avec le lancement du nouveau site Internet qui offrira des réponses rapides aux attentes des habitants. Nous allons également franchir une nouvelle étape déterminante grâce à ce que je nommerais, un nouveau contrat de proximité. Les services municipaux vont, par exemple, s’attacher à raccourcir les délais de réponse aux demandes des habitants ; les élus vont multiplier les visites sur les quartiers ; nous allons développer de nouveaux services à la population. J’ai décidé d’apporter des améliorations au fonctionnement de la Régie centralisée, en permettant aux usagers d’effectuer leurs démarches en ligne.

    Dans une période d’intenses débats sur l’avenir des collectivités, la commune vous parait-elle demeurer un acteur pertinent ?

    Je suis sûre d’une chose : elle représente une proximité indispensable à la vie démocratique et sociale. Elle est un repère essentiel pour les citoyens. Par contre, il y a une réflexion à mener sur les niveaux d’action pertinents. À quelle échelle se pense l’aménagement du territoire et le développement économique ? C’est à travers la répartition des compétences et la construction de partenariats que se joue l’avenir de l’action publique locale. À l’heure actuelle, il est vital de travailler de concert avec les autres collectivités, qu’elles soient régionales, départementales ou locales. En tant que première vice-présidente du Conseil général, je participe à l’élaboration globale de politiques départementales et je suis tout particulièrement attentive aux dossiers et problématiques de mon canton, du territoire et de ses habitants. C’est la raison pour laquelle, j’ai décidé également de construire un partenariat cohérent avec la ville de Roissy-en-Brie.

    Vous annoncez officiellement le lancement d’une intercommunalité ?

    Oui. Avec Sylvie Fuchs, maire de Roissy-en-Brie, nous lançons officiellement l’association de préfiguration de la communauté d’agglomération, afin d’unir nos forces et partager nos atouts, pour nous hisser, ensemble, à la hauteur des défis de demain. Réunissant près de 57 000 habitants, elle pourrait voir le jour en 2010. Actuellement, les deux équipes municipales étudient les meilleures conditions nous permettant de fixer des dates, de vérifier nos compatibilités et de faire des choix sur les compétences à mettre en commun dans l’intercommunalité. Nous allons jouer la carte de la coopération. Il faut aller plus loin mais sans créer une institution sans âme qui fasse disparaître nos deux villes. Il faut construire un modèle original. Le projet doit précéder l’institution. Nous réfléchissons aux projets communs à mener avec Roissy-en-Brie, autour desquels nous structurerons la communauté d’agglomération de demain.

    Pour conclure, qu’aimeriez-vous que les citoyens retiennent de cette première année de mandat ?

    Le champ d’application de la municipalité est vaste et je ne souhaite pas privilégier un secteur par rapport à un autre. Mon ambition est que les citoyens s’engagent, aux côtés des élus, à trouver les voies et les moyens qui permettent à chacun de s’impliquer dans la vie de la cité. La relance des conseils de quartier en octobre y contribuera. Les Pontellois-Combalusiens doivent être fiers de leur ville. Je suis le maire, je continuerai à défendre les intérêts de la ville. Réussir le pari de bien vivre ensemble, c’est la meilleure récompense que je puisse avoir.